Genève

Journal de bord du lundi 26 novembre 2007

Pas de journal depuis plusieurs jours. Flemme et perte d’habitude, problèmes créés par cette tribune, pas de temps, oubli. Quelques personnes me le notifier, dont Camille, ainsi ai-je décidé de continuer, parce qu’elle le suit et me dit, à raison, sincèrement ce qu’elle en pense. Camille est-elle ma Nanouch ? Cette question rhétorique est un peu prétentieuse. Il s’est passé des choses, oui. J’ai picolé mercredi soir, un anniversaire, jeudi soir, les joailliers de la place Vendôme faisaient tous un cocktail, vendredi soir, Paloma organisait un petit verre chez elle, samedi soir, Lisa donnait sa soirée de Thanksgiving. Dimanche rien, je me suis couché avant de finir le film pourri de TF1, aujourd’hui rien, trop lessivé par ma journée passée à la préfecture. Faire un passeport d’urgence dans une préfecture, c’est accéder à un autre monde. Un scientifique qui serait entré en contact, après cinquante ans de recherches laborieuses, avec des extraterrestres aurait eu la même sensation. A la préfecture, il y a six (pas cinq, pas quatre, six) gendarmes derrière le portique de sécurité, pour vérifier qu’il n’y a pas de bombe sous votre manteau. Derrière le standard qui ne sonne absolument jamais, il y a deux standardistes dont une qui est en pause (elle discute avec l’un des gendarmes du portique). Le service en charge des passeports est tout au fond du couloir, qui est par ailleurs en travaux. Là, deux personnes s’occupent d’enregistrer la totalité des demandes de passeports et cartes d’identité. Il y a pourtant quatre postes, mais je ne fais auune réflexion. J’ai oublié de préciser que sur ces deux personnes, il y en a une qui s’est levée pour prendre un café avec sa copine du service d’à côté. Je me dirige donc, après une demi-heure d’attente, vers celle qui est disponible. Un peu rêche, elle a un mal fou à imaginer que je puisse être mon propre employeur. Le certificat qui atteste que j’ai besoin de quitter le territoire pour raisons professionnelles n’a donc a ses yeux aucune valeur. Je passe ainsi un peu plus de cinq heures à batailler entre les différents fonctionnaires (qui, à 16h30, commencent à ranger leurs affaires et s’apprêtent à mettre leur manteau) pour finir par obtenir un passeport, valable un an. Je l’arrache quasiment des mains de la dernière combattante.



Le cyanure se fait la malle.

Journal de bord du lundi 19 novembre 2007

Il paraît qu’il y avait beaucoup de monde à la contre-manifestation d’hier. Je n’y suis pas allé, terrassé par le froid qui s’est abattu sur la ville. Mais ces grèves sont vraiment un enfer. Rendez-vous avec Caroline chez Chloé, département pub, j’y vais à pied et arrive absolument essoufflé, mes poumons et mon cœur ne sont pas ceux de n’importe quel adolescent de dix-huit ans (je pense qu’ils se rapprochent plutôt de ceux d’un trentenaire qui aurait beaucoup bu, fumé et mangé). Une jolie jeune fille me reçoit, très branchée, tout de Chloé vêtue, des Ray Ban sur le nez, un petit bloc notes entre les mains, le genre de chargée de pub qu’on ne voit que dans Le Diable s’habille en Prada. On converse de Spring, bien sûr, mais aussi de toutes autres choses, des ados qui font plein de fautes d’orthographe à cause d’msn, du magazine Standard qu’elle aime beaucoup, des futures stratégies de communication de Chloé, du combat entre les trentenaires et les « vingt ans », le tout dans une énorme salle de réunion digne des pires conseils d’administration. On se met dans un coin de la table pour dédramatiser. Quand je reviens rue Monsieur le Prince, à 17h30, Daphnée et Sofia sont parties, ça m’inquiète : les gens de Spring se mettent en grève ? FOT, notre imprimeur, nous a livré des centaines de cartes de visite, je n’en demandais pas tant. Un idiot s’est fait retirer de notre mailing list alors que j’envoyais la pub du concert pour Ingrid Betancourt.



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