Ah Seigneur… Songez-vous en vous même

Belle soirée de lancement. Du monde, de la vodka, de la musique, un concert.
Bon. J’avoue m’être un tout petit peu ennuyé.
S’en est suivi une soirée (enfin une soirée… Une nuit, puisqu’elle a duré jusqu’à 10h du matin) chez Mathilde, une amie élégante, bonne ambiance, moyenne d’âge 20 ans, exception faite de Kappauf qui déambulait dans l’appartement en talons hauts, pantalon large, gilet ouvert sans rien en dessous, et lunettes noires. Il avait la permission de minuit (mais qui lui donnait cette permission ?), il est parti à six heures.
Aujourd’hui on recommence à bosser, j’ai la gueule de bois mais j’adore cet état, je dois bien être le seul, Parissima est hystérique parce que je lui ai confié une série mode à faire dans trois jours, ce qui signifie qu’elle a trois jours pour mettre la main sur une maquilleuse, une coiffeuse, un photographe, deux mannequins, un lieu et plein de fringues. Du coup elle finit son premier paquet de clopes en trois heures, ne déjeune pas et ne fait une pause que pour aller acheter vingt nouvelles Marlboro Light. Je descends six Coca-Cola dans la journée, pas frais en plus, Daphnée papillonne et va chercher un BlackBerry chez Orange, Joy pète plus haut que son Q alors je l’envoie pêtre, Maya travaille sérieusement et Derek entame la phase la plus critique de sa dépression nerveuse. Trois Ricard plus tard…



Pour jamais ! Ah! Seigneur, songez-vous en vous-même / Combien ce mot cruel est affreux quand on aime ? / Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous, / Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ? / Que le jour commence et que le jour finisse, / Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice, / Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?



Il peut arriver de faire une rencontre. On croise des gens, on les situe vaguement, ils deviennent des connaissances, parfois presque des amis, mais on fait rarement une rencontre.
Trois Ricard plus tard…



Les Coeurs Lourds

L’humanoïde, idiot, pédale dans la semoule
Trompé par la masse, toute cette grande quantité
Il cherche un but, un sens, peut –être un peu de pitié
Il prie le ciel, la mer, s’évade, parfois se soûle
S’agite, grandit, se cherche, et cherche à oublier
Qu’il n’est qu’une infime partie, un pion parmi la foule.

Alors il lutte.
Car dès son plus jeune âge, enfermé d’artifices
Le travail, les livres, tous les divertissements
Ont été ses leurres, ses jouets, ses douces épices
Et bien que Supérieur, l’humanoïde se ment
La face voilée, il sait et puis réprouve toute éclaircie propice.

Mais puisque Dieu lui a, bêtement, donné conscience
Le pion ressent, en lui, toute son existence vaine
Réglementée, absurde, dure et sans consistance
Il lui manque une belle chose, qui peut sembler lointaine

Alors son cœur est lourd.
Avec un poids pareil, tout est plus difficile
Danser, sourire, chanter, car dans son ire
Il en a oublié, aveugle et imbécile
Que si la vie est dure, qu’il en est un martyr
Restera pour toujours, cachée mais accessible, la possibilité d’une île.

Et cette longue histoire triste, qui sans merci défile
Compte parfois ça et là, une ou deux éclaircies

C’est pour elles qu’il doit vivre, travailler, s’éloigner du paraître
Car à sa porte l’attend, impatient et timide
Un autre humanoïde, qui lui aussi, penaud, se cherche une raison d’être.



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