De mémoire :
« Aux hommes, laissons le soin d’être des loups entre eux
Aux femmes alors, le plaisir de l’alternative
L’ombre ou la lumière ou bien mieux, l’entre-deux. »
Court édito mode de my friend Kappauf dans son dernier numéro, j’ai trouvé la maxime intéressante alors je m’en suis souvenu.
En ce moment c’est plutôt l’ombre que la lumière, c’est plutôt vers l’ombre. Un patineur qui glisse péniblement sur une piste dont il ne voit pas l’horizon, une piste agressive, angoissante, froide et nocturne. Trop de choses sont venues trop vite, surtout cette année, ou cet été, ou depuis le retour à Paris. La ruine, l’amour déchu, le refuge de la vie de couple, le plaisir de dormir à deux face au manque d’être chez soi, la vie en liberté gangrenée par le poids du chagrin, les amis tristes et les abysses de la solitude. Plus les jours passent et plus la réalité m’échappe, je ne suis plus le maître à bord de mon propre navire, qui parfois chavire sans jamais immerger totalement, à flots tout le temps, mais à la dérive, toujours.



Far away

Je savais que la rentrée serait difficile, j’avais raison. Je travaille sans vraiment travailler, j’ai des rendez-vous avec des powerfull entre deux cafés sans intérêt avec des oisifs, on m’offre des bijoux que j’aime porter, je suis bien puis mal, mal puis bien, je rencontre des nouveaux êtres humains et j’entretiens certaines relations, d’autres pas. Je suis en guerre avec les impôts, la Suisse m’appelle. Je dévore les rues parisiennes au volant d’un scooter de racaille, je m’étale sous la pluie dans un couloir de bus sous l’œil malveillant de la police nationale, recrutée en hôpital psychiatrique, j’annule un grand photographe renommé pour prendre une débutante, je suis un débutant, un débutant de la fin. Nina est presque devenue ma « meilleure amie », je parle avec elle sans masque, sans jeu, je suis toujours le capitaine bourré du navire sans armateur, hier c’était Perrier Party, des bulles mais des bulles saines. Je n’ai pas réussi à dormir. Aujourd’hui il fait beau, peu importe. Je devrais être Guilty of Love, comme le dit la chanson de Yann Tiersen, écoutez-là et prenez note des paroles, pourtant je ne me sens pas en tort, je ne me sens pas coupable, j’arrive à regarder mon visage fatigué dans le miroir sale du bureau. Le bureau, qui est devenu un lieu habité vingt-deux heures sur vingt-quatre, point de chute quand il n’y a pas d’appartement vide, théâtre des bons comme des mauvais souvenirs, ça dépend ce qu’on attend du bien et du mal. Le mal être est plus fort que le bien être, le premier est une question d’âme, le deuxième de salle de sport et d’oligo-éléments. La vie est un concept curieux, et surtout animal, la bouffer ou la laisser nous bouffer. Disons que je lui mords la cuisse quand elle déguste ma tête avec une petite cuillère, argent massif, comme cette bague que j’ai offerte, comme ce bracelet qu’on m’a offert, comme ce que les intendantes des « bonnes maisons » passent des heures à nettoyer, couvert par couvert, avec un vieux chiffon et ce produit dont le nom m’échappe. J’aimerais parfois être l’intendant d’une grande maison, l’intendant en chef évidemment, bienveillant avec la cuisinière, la femme de ménage, le jardinier et le gardien, j’aimerais parfois dîner dans la cuisine pendant que la bourgeoisie alcoolique raconte n’importe quoi dans la salle à manger, raciste et enfermée, peureuse et terrifiante. Les vanités sont plus que jamais d’actualité, le plus grand quotidien national devrait s’appeler comme ça, Vanités, et si l’humeur acqueuse de l’œil est composée de 99,6% d’eau, l’Homme est composé de 99,6% de larve, pour 0,4% de merveilleux. C’est pour ce chiffre qu’il faut continuer à pagayer : 0,4%.



i feel love

Pour pallier à la nervosité – à ma nervosité – de la rentrée, j’ai loué un petit scooter pour deux semaines. C’est une Vespa rouge des plus voyantes, qui accélère beaucoup trop lentement et qui, par sa couleur et ses chromes, agace les automobilistes, les autres deux-roues et les policiers – qui, à Paris, sont extrêmement nombreux. Ça n’a servi à rien, je suis toujours aussi nerveux. Charles Consigny ou comment passer d’un état léthargique qui a duré au moins deux / trois ans à une sécrétion naturelle par le corps de Red Bull depuis cet été. En tout cas j’ai bien fait de cuisiner un numéro sur l’amour, parce qu’en ce moment c’est bien la seule chose qui m’intéresse. Mais alors vraiment la seule.



Sang pour sang moi... |
Morganebib |
LE BLOG DE BEST SELLER ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | JETBOOKS Critiques de livre...
| Le Calice Noir
| ma vie