Joyeux Noël quand même

Les fêtes de fin d’année n’ont aucun intérêt sinon qu’elles ravivent les vieilles blessures, exacerbent les tabous qui existent dans les familles et rappellent aux bas salaires que la vie est dure et profondément injuste. Je ne m’exprimerai donc pas sur le sujet.



Today we work hard to have a successfull living

Quand trop de choses abruptes taraudent l’esprit, il y a plusieurs solutions : consommer de la drogue, s’abandonner dans un surplus de nourriture, faire du sport ou travailler. J’ai choisi, depuis quelques semaines, la dernière option : et ça fonctionne pas mal.
Bosser beaucoup, quitte à brasser un peu d’air, est une bonne méthode pour évacuer les mauvais karmas, les histoires d’amour qui finissent mal, les interrogations existentielles, les mélancolies et les piqûres familiales. Alors comme quelqu’un donnerait son corps à la science, je donne le mien à Spring, en faisant la même chose qu’avant mais avec plus d’application, de concentration et de sérieux. Ça donne des photos au point, esthétiques, créatives et bien créditées (les initiés comprendront ce que j’entends par « bien créditées »), ça donne des collaborations avec des étoiles montantes ou déjà montées (là aussi, on interprète comme on veut), des people, des intellos, ça donne aussi un chemin de fer structuré mais totalement différent du classique brèves/cœur/mode/beauté/nuit, le prochain numéro mélange tout pour un résultat vivant – je n’ose pas dire « ludique », une ambition web en pleine fermentation, le site nouveau est un millésime en devenir, mise en ligne mi-février.
La rédaction laborieusement mise en place est – presque – devenue une équipe qui tourne, avec des gens responsables et responsabilisés, et les contributeurs extérieurs sont tellement contents de leur sort qu’ils aimeraient bien pour certains d’entre eux devenir intérieurs, l’avenir dira si ce beau monde pourra discuter autour de la future machine Nespresso de la future entrée du futur building Spring.
Et puis le soir quand même, après une journée sans coupure, je suis « seul dans mon petit bureau de la rue Monsieur le Prince », une Winston au bec. Comme au début.
Et le soir quand même, les souvenirs frappent à ma porte, et je les laisse bien volontiers entrer, et m’envahir, au rythme de quelques mélodies en mineur, celles que j’ai toujours écoutées, celles qui me rappellent les plus grandes joies comme les plus grands malheurs, celles qui me rappellent tout simplement l’intense passé d’une adolescence plutôt compliquée, durant laquelle j’ai brûlé les étapes, en oubliant d’en passer d’autres.
Et le soir quand même je me rappelle celui ou celles-là, et me rends rapidement compte qu’aucune blessure n’est encore cicatrisée, aucune, parce que je n’ai rien fait pour, le concept du pansement ou du désinfectant m’est totalement étranger ; porter ses lésions quitte à les rouvrir de temps à autre, les assumer, dans un grand masochisme viral, se souvenir de la drogue, se souvenir de la ruine, se souvenir des « amitiés sincères », se souvenir de sa sœur, se souvenir d’autres temps et d’autres lieux, d’autres gens dans les mêmes lieux, se souvenir d’autres moments avec les mêmes gens, se souvenir d’autres liens et d’autres émotions, et ne rien dénigrer, écarter toute négation des ratages ou des pêchés, tout cela à jamais gravé, le regard et les rides de quelqu’un portent une existence en plusieurs tomes, et je n’ai pas les rides, mais j’ai bien le regard, qui m’a souvent trahi. Il y eut des matins plus beaux et des jours plus heureux, il y aura des matins pluvieux, et des jours sans un mot ; la destinée d’un homme est un ciel ombragé, et parfois le soleil transperce les nuages : il doit alors lâcher ses bien trop lourds bagages, et s’abandonner loin, et bâtir, et aimer.



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