La maison ne prend plus les chèques

Peut-être que le glamour ne fonctionne plus en politique. Ségolène, icône du Solférino mon amour, s’est fait ravir la vedette par une grosse affairiste borgne, Rachida, icône de toute une partie de la France, notre mini-Obama à nous, déchue, salie, raillée, moquée, virée, tout simplement ; Rama Yade, co-icône aux côtés de la garde des sceaux, lapidée sur la place publique par un ministre lui-même marionnette, non décidément, maintenant ce qui fonctionne c’est Xavier Le Gras, Michel Le Grand, Eric Le Traître et Brice Le Cleps.
Ainsi soit-il. Après tout, on a souvent dit que la politique était un peu le show-biz des laidrons, heureusement les Césars arrivent, avec tout le snobisme que cela comporte, mais aussi le rêve, bal des actrices névrosées et à fleur de peau, mais belles, rayonnantes, émotives et émouvantes, politisées elles aussi, souvent bien à gauche, les pauvres : chez Artmédia, tout le monde lit Libération, lavage de cerveau quotidien à la clé. En ce moment du côté des paillettes, c’est aussi la FASHION WEEK. Celle qui ennuie profondément les vieux de la vieille, qui baillent ostensiblement à longueur de défilés, celle qui enthousiasme les petits jeunes de la Chambre Syndicale, passionnés, prêts à vendre père & mère pour un morceau de tissu, tant qu’il est siglé ; celle encore, qui voit les différents egos boursouflés des journalistes bas de gamme de magazines sans lecteurs, un concept inventé par la presse fashion. On s’aperçoit que plus le styliste, voire l’autoproclamé Creative Director, est toujours le plus con quand il est le moins important, le plus excentrique dans ses vêtements quand le titre qu’il représente diffuse le moins d’exemplaires. Complexe basique de l’homme mal monté qui conduit l’énorme 4×4 noir. Vous avez déjà croisé Rocco SF dans sa Fiat 500 ? Il faut voir la tête  des front raw dans tous ces défilés, front raw qui abritent souvent les publishers, parfois indépendants, qui voient leurs recettes publicitaires sombrer comme la proue du Titanic à mesure que la crise se précise. Evidemment tout le monde fait comme si de rien n’était, et tout le monde va super bien, alors que la pagination des magazines est réduite à néant, vingt pages par rubriques, ça ira bien, mille exemplaires, ça ira aussi, de toute façon on fait du vent : la presse mode est un vaste champ d’éoliennes, et plus ça va, et plus c’est écolo, parce que moins d’arbres on décime. Vogue vivra, Vogue vaincra, comme toujours, seul rescapé des aléas économiques du luxe, envié par tous les autres alors que l’intégralité de son succès ne repose que sur un nom, un nom historique, l’annonceur achète du Vogue comme le riche met son blé chez Rotschild, valeur sûre, comme on dit. Que reste-t-il dans tout ça d’Amour, gloire et beauté ? Que reste-t-il de nos amours ? Les vanités d’une capitale recapitalisée puis décapitée sont toujours plus insupportables et incitent à des séjours au vert, je me casse dans le Jura la semaine prochaine et, surtout, je vous emmerde.



Solférino mon amour

« Amour, gloire et beauté », oui, j’aime bien ce triptyque, je l’aime parce qu’il est inaccessible, on ne peut avoir les trois, sauf peut-être quand on s’appelle Obama, et encore. Celui qui est adulé tel un Dieu dans un bureau en forme d’œuf par une foule emplie d’illusions cache certainement, un bon paquet de vices et de chagrins, qui seront étalés sur la place publique quand il le faudra, quand la foule aura laissé place à quelques clochards mourant de froid, que même le nouveau Jésus n’aura pu réchauffer. Souvent la gloire va sans l’amour, seule la beauté subsiste, car elle est subjective : tout est beau, la vie comme la mort, les ruptures, le désespoir, l’échec, souvenez-vous de Ségolène à son balcon le soir du 6 mai, telle une apparition divine, l’archange Ségolène saluant une foule émue, rompue d’avoir été battue, malmenée par un Sarkozy pour qui j’ai voté, pour qui je revoterais si l’occasion se présentait, mais il faut bien le reconnaître, Ségolène, splendide dans sa défaite, m’a tiré quelques larmes.



JEAN TONIC

Ce fut une journée éprouvante, rien de pire qu’un shoot, sinon deux shoots.
C’était dans un cadre agréable, l’hôtel Meurice, palace chargé d’histoire, d’histoire sombre, surtout. Une « belle » suite, si l’on peut dire « belle », en tout cas grande, spacieuse, dorée. Vahina Giocante, égale à l’image que l’on peut se faire d’une star de cinéma en devenir : professionnelle mais susceptible, sympathique mais à distance, belle ; sous l’œil de Benjamin Kanarek, photographe hystérique et talentueux, sympathique lui aussi, sincère, passionné, jamais blasé une seconde, quitte à en épuiser l’assistance. Bienvenue dans les remous de la vie et des gens, la réalité si dure, car si souvent décevante. Le monde de la mode, que je vais quitter aussi vite que j’y ai mis un pied, manque profondément de poésie, de profondeur et de second degré, il est aussi plat que les encéphalogrammes de 95% des gens qui l’animent, les 5% restants naviguant dans la dépression nerveuse, créée ou aggravée par la vacuité de ce milieu sordide. Première expérience professionnelle véritable et premières désillusions, peut-être un peu comme un premier amour, ou un premier rapport sexuel ; comme une bouteille de schweppes : ou début c’est infâme, et puis on y prend goût.



mouche du coche

Alors qu’un froid polaire, russe, napoléonien s’abat sur la ville et que les piétons s’étalent dans un mélange de neige et de boue sous les yeux médusés des pollueurs embastillés dans leurs voitures bien chauffées, les troupes Israéliennes ripostent à Gaza, cherchant à rappeler au monde Arabe que Tsahal reste une armée forte, organisée et violente. A Paris les vieux en parlent, un peu, et la plupart des jeunes s’en foutent, beaucoup ; désinformés, ou mal informés, leurs prises de positions sont vagues, maladroitement partisanes. Que dire quand les deux camps ont leurs raisons, leurs combats, leurs idées, toutes compréhensibles, voire valables ?
La communauté internationale opte pour une réaction attendue mais paradoxale : elle qui n’envisage même pas de remettre en question l’existence de l’état d’Israël plaide pour un cessez-le-feu, alors que la survie dudit état dépend justement de sa capacité à se défendre, car comme certains ont tendance à l’oublier, avant cette attaque, elle était elle-même attaquée. Pas grand chose vous me direz, quelques tirs de roquette à la frontière, d’ailleurs qui pourra sérieusement soutenir que des pays voisins, qui ne cachent pourtant pas leur animosité envers ce pays (ou même ce peuple), fournissent de l’aide au Hamas et au Hezbollah, quand ceux-ci mènent une guerre (terrorisme mis à part) mitraillette contre chars d’assaut ? Dans l’hyperactivité maladive qu’on lui connaît, notre président dépense allégrement du kérosène pour rencontrer le plus de dirigeants possibles dans la région, tentant avec son lyrique acolyte Kouchner et son conseiller de l’ombre Levitte (qui, pour un homme sensé rester dans l’obscurité, apparaît régulièrement sous les feux de la rampe, et que le ministre se plaît à désigner par le doux patronyme de « machin ») d’apaiser la situation. On repense à la scène d’OSS 117, lorsque le fonctionnaire français demande à l’agent Dujardin – qui regarde ailleurs en picorant des olives – de « sécuriser le Proche Orient ». Enfin, qui ne tente rien n’a rien… Est-ce que la lecture de ce texte confirme une partie de son contenu, « la plupart des jeunes s’en foutent, beaucoup ; désinformés, ou mal informés, leurs prises de positions sont vagues, maladroitement partisanes » ? Certainement, mais si on veut exister, il faut savoir donner un avis sur tout.



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