Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone, les chagrins sourds des écouteurs d’iPhone torturent mon âme d’une douce incision, longue et lente, persistante, sans vergogne. Oh le grand plongeon dans le vide d’un amour, oh la grande bêtise que de croire avoir trouvé, oh la grande flemme que de devoir encore chercher.
Le magnésium et les cuites, le trop plein de bouffe, les terrasses et les clopes, le vide, parfois j’aimerais juste sa mort et rien d’autre, sa mort pour me bercer d’illusions sans espoir le restant de ma vie, ma vie pendant qu’il meurt, sa mort pour en parler devant son monde avant la mise en terre, sa mort pour en écrire un livre, Lettre au bas monde, sous-titre, Lettre à l’au-delà.



C’est le vingt et unième siècle. On étale comme autant de choses valables ses états d’âme, ses sentiments, sa perception des divers évènements, on dit tout haut ce qu’on devrait penser tout bas, ou garder un tant soit peu confidentiel. L’explosion des blogs, des Facebook et la possibilité de commenter tout ce qu’on voit et qu’on lit transforme chaque internaute en mouche du coche, en exhibitionniste et en voyeur ; en cannibale masochiste, en acteur, en spectateur, en témoin à charge. Cette page, par essence publique, renferme beaucoup de privé, et les quelques visiteurs uniques qui s’y attardent dévorent comme déplorent ses publications.
Plus besoin d’un éditeur, il suffit désormais d’un hébergeur, et c’est gratuit : ce site web est un peu l’auberge de jeunesse de mes maigres turpitudes d’adolescent handicapé du sentiment.
Si certains me préfèrent à la prose ou à la poésie qu’à la ville, les destinataires des textes lancés comme des bouteilles à la mer ont parfois besoin d’une piqûre de rappel par sms payant, dix centimes d’euros sur lesquels Bouygues Telecom fait, devinez quoi, 100% de marge brute. Il vaut mieux ne pas rencontrer le faiseur de phrases que l’on aime lire, c’est souvent une grande déception, sauf fanatisme inconscient. Et de la même façon, il ne vaut mieux pas avoir connaissance des écrits de celui qu’on connaît, parce qu’on finit par le démasquer complètement, ce qui peut s’avérer désagréable ; d’où l’utilité d’un rideau de douche lorsque l’on partage une salle de bain.



Les amants séparés brûleront les montagnes
Toi mon amour brûlant,
Je regarde ton âme, je la veux, et je t’aime
Je broie tes idées noires, je t’aime et je t’emmène
Nous partirons à deux et laisserons la Terre
Toi mon amour brûlant je t’emmène en voyage
Nous quittons le Monde, seuls et sans un bagage
Je deviens ton alcool,
Tu deviens ma famille, mes amis, et ma vie
Je plonge dans tes yeux et j’embrasse ton âme
Nous sommes seuls à crever mais nous vivons quand même
Pour toute nourriture, ton corps comme un festin
Et pour toute lecture, ton regard et tes mains.



Sang pour sang moi... |
Morganebib |
LE BLOG DE BEST SELLER ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | JETBOOKS Critiques de livre...
| Le Calice Noir
| ma vie