TYEN AMEN

Tyen a fêté ses 30 ans de direction artistique de la beauté Dior au Palais de Tokyo. Etaient exposés ses travaux depuis deux décennies, impressionnants de continuité, de cohérence et de force. On comprend alors tout le sens de ce que le jargon appelle un « choc visuel ». Je me suis rendu à la sauterie au bras de mon amie Karine Porret, space coordinatrice éditoriale du journal Stiletto, revue de mode et de luxe dirigée par la mythique et récemment transformée par la crise qui a eu raison de sa timidité, Laurence Benaïm. La famille Arnault était présente, au grand complet : je n’ai pas vu Bernard, mais Hélène rayonnait, entourée d’un déluge de courtisans, photographes et intervieweurs en tout genre, Delphine s’ennuyait royalement tout en faisant montre d’une élégance assez remarquable, et incarnait pleinement le visage de la nouvelle noblesse, sans particule mais avec tout ce qu’un wanabee peut rêver de pouvoir, de patrimoine et de chic. Antoine, fils de la première et frère de la seconde, qui fait environ deux mètres cinquante, et avait l’air de s’amuser tout le temps. Lui aussi dégage un certain panache, jouant avec brio de sa mèche frontale qui semble flotter dans l’air. Un parterre d’homosexuels et de journalistes pimbêches, plutôt mal fagotées dans l’ensemble, piaillaient joyeusement dans cet antre de l’art contemporain transformé pour l’occasion en réceptacle de toute la beauté du monde retouché. Tyen se faisait humble, il ressemblait à un invité parmi d’autres, contrairement à Jean-Claude Jitrois qui s’est baladé avec perte et fracas entouré d’une cour assez originale mais tellement attendue de jeunes éphèbes en cuir et de Sarah Marshall, ce qui était en réalité plutôt réjouissant : les idiots vous diront qu’il frime, alors qu’il fait partie des derniers « personnages », auteur des 60% de réduction pour ses 60 ans, fallait le faire. On a fait des photomatons, c’est toujours drôle les photomatons, on dit qu’on se trouve horrible alors que secrètement on est super beaux en noir & blanc. Je me suis fait agresser par le survitaminé rédacteur en chef mode du magazine FHM, j’ai moi-même agressé la directrice de com’ de la maison Paul Smith sur le thème où est la pub dans mon prochain numéro, et Karine n’a rien voulu manger des petits fours proposés sous prétexte de régime, à l’exception des plus gras, une brochette de poulet au caramel pleine de sucres et de lipides. En partant nous avons négocié pour avoir des cadeaux – mon nom n’était pas complètement sur la liste – et j’ai terminé les festivités échoués et imbibés sur mon pauvre petit lit, méditant sur la solitude de l’homme qui aimait trop pour se faire aimer.



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