Le vide amoureux & la drogue de mourir

Extrait du numéro d’hiver 2009 de Spring (www.spring-paris.com)

“Dans ma chambre il n’y a plus rien. J’ai enlevé tout ce qui traînait, les magazines, les livres, les fringues, les petites choses qu’on ne jette pas mais qui ne servent à rien, j’ai fait place nette : il ne reste qu’un lit, une table de nuit, une table d’angle, un ventilateur et un transat bleu fluo, alors que tout le reste est soit beige, soit blanc, soit brun, soit gris. Une concordance des tons apaisante autant qu’anxiogène. Dans ma chambre, j’ai comme une envie de me pendre.”

Merde, on croirait du Cioran en moins bien. Pourtant je n’en suis pas un lecteur assidu, mais j’ai bien écrit ça, une belle journée d’automne, le ciel était peut-être un peu blanc et c’était peut-être un dimanche, quoique je ne m’en souvienne pas. C’était probablement un lendemain de fête, mais ça non plus, je n’en suis pas sûr. Ce qui est effrayant dans cette citation de moi-même, c’est que 1 c’est sincère, et que 2 ça ne m’est pas venu dans un moment de spleen, pas au lendemain d’une rupture ou de la mort d’un proche, pas après un échec violent ou un déboire quelconque. C’est venu comme ça.

Je ne suis pas un cas isolé. J’ai vingt ans, je vis à Paris (Marais, quelle horreur), et j’appartiens à ce groupuscule de jeunes bien nés qui se posent la question de s’expliquer pourquoi ils s’en posent autant (des questions). Le constat est là et il fait mal : ma génération déprime à bloc. Pour rédiger ce papier j’ai, pour la première fois depuis longtemps, fait un plan. Un plan sur une feuille de papier, avec des parties et des sous-parties, pas tellement de détails dedans mais quand même. Alors la première sous partie de la première grande partie c’était : A) ils ne font rien (les jeunes). Ceux-ci ont en effet, pour beaucoup, décidé d’emprunter des parcours scolaires et professionnels pour le moins décousus, certains plongeant carrément dans le néant le plus total, d’autres s’adonnant à des études approximatives ou, comme c’est mon cas, montant des sociétés branlantes sur des fondations poreuses, dont l’horizon est difficile à apercevoir même pour les meilleurs devins. Cette inactivité du quotidien, qui entraîne l’absence ou la relativisation des horaires et du rapport semaine / week-end, qui permet de passer au moins deux, voire trois jours sur sept sans avancer sur quoi que ce soit ou répondre de ses actes à qui que ce soit emmène la population à laquelle j’appartiens vers les voies obscures de l’alcool, la cigarette à outrance, et la drogue.

En effet, lorsque l’on choisit délibérément de plonger les pieds devant dans la léthargie du corps et de l’esprit, la caisse creuse de notre conversation se met à résonner plus fort que les cloches d’une église baroque quand vient le temps des mondanités, des repas familiaux et même des cafés que l’on prend entre nous (les léthargiques). Viennent alors pour nous épauler les substances, licites ou pas, qui permettent de créer du vent – c’est déjà ça – à partir du rien. Pour autant, je ne mettrais pas nécessairement l’alcool et la cigarette sur un pied d’égalité avec les drogues.
Si les premiers servent effectivement à meubler et/ou animer une existence volontairement appauvrie et à gérer le stress dû à la peur du vide, les secondes ont à mon sens une portée bien plus importante : se droguer, c’est fuir. Dans cette fraction de la population, chacun a ses raisons de vouloir échapper au réel, mais tout le monde le fait à cause d’un problème d’identité : manque de confiance en soi, orientation sexuelle difficile à assumer, complexe d’infériorité ou de supériorité par rapport à un proche qu’on jalouse ou méprise (et, dans ce cas, que l’on se reproche de mépriser), déclassement social des parents (qu’il s’agisse d’accès à une catégorie sociale plus ou moins élevée, ce qui entraîne chez l’enfant une perte de repères terrible), plantade amoureuse, vide affectif.

Cette consommation abusive – pléonasme, il est absurde de considérer que l’on peut se droguer à petite dose et gérer son affaire, cela n’existe pas – induit un problème majeur pour une pareille tranche d’âge (qui vit son entrée dans l’âge adulte, la nostalgie de l’enfance, accède à une autonomie relative, et ainsi de suite) : la modification du comportement.
Car la cocaïne, le cannabis et l’ecstasy, pour ne citer que les plus répandus, ne sont pas sans conséquence sur le “moi”. D’abord, d’un point de vue clinique, elles fatiguent – je dirais qu’elles “usent”, elles dépriment, et elles demandent au corps d’en redemander au cerveau qui lui-même en redemande à l’être humain qui lui, s’il n’a pas déjà pris les devants, en redemande à son dealer (après avoir redemandé de l’argent à sa maman ou à son papa, parents généreux). Ensuite, il y a le point de vue plus subjectif, c’est-à-dire le point de vue humain : la drogue déstabilise, elle brouille les repères et les réactions, voire les réflexes, si bien qu’en fin de compte il devient compliqué de dissocier le bien du mal, et ce manichéisme étant le B-A BA de qui est équilibré, notre jeune un peu paumé devient… un déséquilibré.

Il n’est alors plus lui-même, ne se correspond plus, ne réagit plus face au monde et aux êtres comme son identité intrinsèque lui aurait commandé de faire. Et là tout part en couille. Les premières victimes de cette branlade magistrale sont ses rapports amoureux, qu’il ne développe ni n’entretient comme son âme, comme lui, le vrai « lui », le voudrait. La seule liane à laquelle il pourrait se raccrocher dans cette jungle qu’il a lui-même enfumée devient difficile voire impossible à attraper, c’est le grand paradoxe de celui qui scie la branche sur laquelle il s’endort, et l’amour, sentiment propre à l’être humain, sentiment qui, à mon sens, bien plus que la conscience, le distingue des autres animaux, n’est plus qu’un brasier abstrait qu’il ne parvient plus à appréhender et encore moins à comprendre, et il fait un tombeau de ce qui correspondait à son salut, car il finit par se noyer dedans, son partenaire avec.

Comment expliquer cet accablant diagnostic ? S’il existe encore, bien sûr, des injustices partout dans le monde, les acquis sociaux dans les pays développés sont, comme leur nom l’indique, acquis. D’autres générations ont “eu” les guerres, qui les fédérait autour d’un ennemi commun contre lequel il fallait se battre sans relâche, Mai 68 est passé avec pertes et fracas, il a en quelque sorte permis d’occuper une jeunesse, ivre de pavés à lancer contre les CRS et d’Assemblées Générales à animer, et puis le SIDA a fait ses terribles ravages, il a fallu défendre les homos, lutter pour leurs droits, soigner les malades et éradiquer l’idée rampante chez les petits bourgeois que c’était un cancer gay né d’une volonté divine – lire La meilleure part des hommes, Tristan Garcia (Flammarion). Et puis on a eu le Palace et à l’époque les dégâts de la came n’étaient pas encore complètement clairs, tout le monde est allé fumer des joints à Woodstock et l’on a joyeusement paralysé la France en 1995, pointant du doigt des réformes indispensables sur lesquelles le pauvre Alain Juppé a finalement fait marche arrière après que Chirac lui a coupé les couilles.

De guerre lasse, les jeunes d’aujourd’hui n’en ont plus. Les combats ont passé et les voilà face à un monde qui va mal mais qui se le cache bien. Souvenez-vous du temps où, pour se voir, il fallait prendre rendez-vous. Souvenez-vous d’une époque où un amour d’été disparaissait à jamais, laissant le suave souvenir des nuits d’ivresse sur la plage. Aujourd’hui, vous êtes ami avec votre amour d’été sur Facebook et vous le revoyez de temps en temps, et vous êtes déçu, et votre songe des jours de soleil et de moiteur s’efface peu à peu devant l’effarement que vous procure la vue quasi quotidienne de ses nouvelles photos, illustrations vomitives d’un quotidien que vous imaginiez autrement plus excitant, et qui aurait mieux fait de rester flou dans votre esprit. Voilà dans quoi nous grandissons en 2009 : les performances de la recherche informatique, technologique, pathétique, nous rendent la vie tellement facile qu’elle en devient ennuyeuse à mourir. Maintenant, lorsqu’on veut écouter une chanson qu’on aime, on l’a déjà dans iTunes. Et maintenant, lorsqu’on écoute cette chanson, elle nous emmerde, parce qu’on l’a déjà entendue des dizaines et des dizaines de fois. Ce qui autrefois nous apparaissait comme un bijou musical ressemble maintenant à un tube commercial produit par Valéry Zeitoun, même si c’est l’Ave Maria de Schubert chanté par la Callas. La musique aujourd’hui, c’est ça : à force de la démocratiser et d’y favoriser l’accès, vous l’avez, nous l’avons diluée dans les méandres de notre “bibliothèque”, elle en a perdu toute sa valeur émotive. D’où le succès des émissions comme la Nouvelle Star d’M6 : les morceaux qu’on adore, les mélodies qui nous transportent l’âme et nous replongent dans le passé sont réinterprétées, réinventées par des artistes en herbe – parfois talentueux, cf. Benjamin Siksou ; alors le son revit et on le redécouvre. Mais même ces versions-là, nouvelles, rafraîchissantes, créatives, sont déjà dans notre iPod. Aussitôt, en quelques semaines, quelques jours, elles pourrissent. Et aussitôt, on s’ennuie.

On s’ennuie mais aussi, on a peur. “La France a peur”, dit La Petite Semaine, émission Ô combien flippante de Canal+, revue de tous les déboires de notre siècle sur un laps de temps le plus court possible, sur une musique atroce, commentés par une voix off suffisante, insupportable et déprimante.
La télé maintenant, c’est ça aussi : l’esprit Canal, le politiquement correct, le monde qui s’écroule et le Zapping qui, en plus de laver le cerveau des plus dociles vers une pensée lisse et unique, donne envie de se flinguer. Quelles étaient les dernières grosses séquences médiatiques en date ? La crise économique qui n’en finit pas d’empirer, avec des banquiers opaques qui prenaient notre argent pour se le refiler avant qu’il atterrisse en Suisse – l’argent, celui des aides à l’Afrique ou à la Palestine, celui des contrats d’armement et des commandes massives de vaccins, celui des rançons d’otages imprudents et du programme de reconstruction de l’Irak, c’est-à-dire l’argent du contribuable, votre argent et le mien, il termine toujours sa course, in fine, sur des comptes numérotés des “paradis” fiscaux du monde entier, et ne sert plus à rien. La montée du chômage, l’augmentation du coût de la dette, des impôts, du nombre de travailleurs pauvres, des actes de délinquances, la stigmatisation de la voiture ou du scooter comme engin de suicide, les paquets de cigarettes qui vous rappellent toute la journée que vous allez mourir, les pubs télés dont le bandeau, en bas, le bâtard, vous prévient que vous allez grossir, et les crèmes premières rides que vous allez vieillir, et les campagnes d’information sur la contraception qui, sournoisement, inscrivent en vous l’idée qu’avoir un enfant, c’est un calvaire, tout cela crée un climat sinistre de crainte de l’avenir, tout cela véhiculé par des médias absurdes, sots, criminels qui n’ont rien trouvé d’autre pour vendre leurs torchons, tout cela véhiculé par des hommes et des femmes politiques qui n’ont rien trouvé d’autre pour passer leur tronche et déblatérer leurs conneries incessantes dans les mêmes médias, pour que vous, lecteur, consommateur, citoyen, mettiez un autre torchon à leur nom dans une urne qui pourrait bien cramer tant la planète menace d’exploser, si l’on écoute toutes ces têtes de cons qui occupent leur journée à se branler ensemble sur des plateaux télé en faisant mine de s’engueuler sur des chaînes que vous payez, en l’occurrence, puisque France Télévisions vit désormais sur vos impôts. Et pendant que ces gens nous expliquent que le rap, c’est formidable même quand il “nique la France”, les valeurs morales foutent le camp et on ne les enseigne même plus à l’école et encore moins dans les familles, et il n’y a plus de père, de mère, plus de bien et de mal, plus de façon décente de s’habiller et de s’exprimer, il n’y a d’ailleurs plus d’orthographe ni de livres, car puisque les textes du groupe NTM sont tellement géniaux, quel besoin de lire Flaubert ou Albert Camus, quel besoin de s’instruire et de transmettre un savoir, à quoi bon, puisqu’il faut “écouter la jeunesse”, et que celle-ci écoute… NTM. Et là revient le vide, il est abyssale, il traverse la Terre sans se rendre compte qu’il est passé par son centre brûlant, et revoilà les jeunes dont je vous parlais au début de ce texte, qui face à cet éclatement total d’un cadre qu’il aurait fallu bâtir pour les faire devenir des individus responsables et actifs s’en retournent à la coke et aux grasses mâtinées, s’en retournent au Baron et n’ont plus, pour toute lecture, que quelques inepties disséminées ici et là, dans Jalouse ou Libération.

Il y a pourtant, paradoxalement, une grande beauté dans cette jeunesse : pour les avoir pratiqués, je peux dire que j’aime ces petits bateaux à la dérive, avec leurs voiles grises et déchirées, leurs coques trouées, leurs ponts défraîchis et leurs bouts rongés. J’aime ces visages blanchis par des vies de vampires, j’aime ces deux joues creusées et ces regards éteints, et ces dents rendues grises par deux paquets par jour, ces cerveaux attaqués et ces narines coulantes, cette fatigue monstrueuse qui traîne d’un bar à l’autre. Peut-être que c’est cynique. J’aime ce vide amoureux et cette drogue de mourir, ces histoires plus tordues que les Liaisons dangereuses, et cette envie de boire, frénétique, abusive ; ces visages émus d’une voix de Bashung qui résonne dans un appartement massacré à midi le lendemain, ces fêtes qui n’ont plus rien d’exceptionnel tant elles sont fréquentes, qui ne sont plus des fêtes ; il n’y a plus rien chez eux. La bouffe n’a plus de saveur, pas plus que les livres, les films ou les tableaux, pas plus que les photos, les poèmes, pas plus que le plus beau paysage du monde si l’on n’est pas ensemble. Magie du trainspotting, ensemble dans le vide, je les vois tous, je nous vois, en chute libre dans un puits sans lumière, sans limite, tombant à la renverse, malade d’avoir eu peur d’aimer, peur de vivre, peur de grandir. Qui a raison ? Le monde est tellement laid et le peuple si vulgaire, le Sud est tellement pauvre et le Nord tellement gros, tout est tellement moyen, tout est si ennuyeux, donc on s’amuse tout le temps. Je préfère ceux qui brûlent à ceux qui boivent du tiède, je préfère les sacrifiés de la poésie aux mots normaux du monde, je préfère un feu de paille, d’artifices. C’est ça, l’Adieu aux armes.



lundi soir sur la Terre

Un jour sur Terre on est à Stiletto, les locaux sont chauffés à tout fondre parce qu’on ne peut pas régler les radiateurs. Au lendemain de l’échec de Copenhague, on ouvre les fenêtre parce qu’il fait trop chaud en hiver rue Saint-Denis. Je feuillette un des vieux numéros, spécial Israël annonce le titre, c’est un supplément homme. Le jeune Ollie en fait la couverture, sur la tête il agite ou il écrase une serviette de bain Hermès, elle a une couleur poétique, un vert comme celui d’un citron clair, il a des yeux tellement beaux que j’ai des doutes sur leur véracité, qu’a-t-on fait à ce pauvre Ollie avec Adobe Photoshop ? Il a tout de même l’air du prophète, la force de son regard tranche avec l’habituel vide qui hante les mannequins, il fait probablement ça pour se faire du pognon de temps en temps comme d’autres se prostituent. Dans le bureau d’à côté des filles gloussent alors que c’est la comptabilité, la mode est devenue tellement anxiogène qu’elle n’est plus tant le terrain des frivoles ou des précieuses, maintenant un défilé c’est une nuée d’ectoplasmes qui regardent passer des filles en phase terminale. Maintenant donc, on rigole plus du côté des calculettes pourtant habituées à l’austérité que du côté des talons hauts – mais peut-être que la comptable en porte.
Un soir rue Saint-Denis on est toujours à Stiletto mais le champagne est ouvert et la Terre est moins triste dans les bulles d’une cuvée Belle-Epoque. En bas le froid glace les prostituées et Karine, rédactrice du journal, admet que l’écrivain Nicolas Fargues a toutes les qualités d’une bombe sexuelle (des traits symétriques, en fait).
Les filles qui piaillaient à côté de nous sont parties et le directeur artistique est arrivé, les artistes vivent la nuit, encore maintenant et pour longtemps ; Karine est déjà au téléphone avec l’attaché de presse de Nicolas Fargues qui lui annonce froidement que l’ami de Beau rôle n’a aucune actualité en 2010. On ne peut pas fumer à l’intérieur, c’est la loi, on va fumer sur le balcon avec Karine et on regarde les putes en bas, emmitouflées dans des fourrures cheap avec des chapeaux russes, on boit du champagne sous la pluie, c’est romantique et triste à la fois. Le bureau est éclairé au néon blanc, nos teints sont livides – avec le son allemand de Miss Kittin comme bande originale du film Champagne sous la pluie à Stiletto j’ai de plus en plus le sentiment d’être dans un squat de drogués qui s’escriment à faire un magazine. Un magazine de luxe.



byebye

Spring va donc faire une petite pause. Elle va durer six mois ou un an, elle sera définitive ou pas, je n’en sais rien. Les difficultés financières que le magazine a rencontrées ne sont, n’en déplaise à nos détracteurs, pas la raison première de cette parenthèse. Nous avions emprunté un chemin, celui de la mode, et du luxe en général, qui ne me correspond pas. Maintenant je peux le dire, mais je ne m’en suis jamais réellement caché : je n’aime ni les fringues, ni les parfums, ni le maquillage, ni les sound system à dix plaques, je n’ai aucun plaisir particulier à porter du crocodile, du python ou du cachemire. J’aime la laine et les feux de cheminée, je préfère de très loin l’entrecôte-frites du Café des Musées aux haricots surgelés de l’hôtel Costes, et de très loin encore la vue des plaines du Jura à celle du Louvre depuis la terrasse du Marly. Voir passer une Porsche ne me fait pas envie, le destin de Carine Roitfeld ne me semble pas être le but d’une vie, pas plus d’ailleurs que celui de Bernard Arnault. Alors, amis des chiffons, pour qui je garderai toujours, évidemment, une grande tendresse, je vous dis au revoir, et vous embrasse sur les deux joues, avec un plaisir immense.

Charles du Spring



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