La démocratie des morts

« Que de choses il faut ignorer pour agir ! » disait Paul Valéry. Les socialistes font beaucoup de choses. Ils s’agitent, s’appliquant partout à oeuvrer dans un sens contraire à l’intérêt de la France. Quand la gauche se préoccupe des comptes publics, au lieu de baisser les dépenses de l’État et des collectivités locales comme le préconisent tous les rapports de la Cour des comptes depuis une trentaine d’années, elle augmente un niveau de prélèvements obligatoires qui était déjà l’un des plus hauts du monde, violant le droit à la propriété privée d’administrés se trouvant dans l’impossibilité de se défendre.

Quand la gauche essaie de faire croire que l’on peut réduire le chômage en appliquant son dogme, elle dépense des tombereaux d’argent public pour financer des emplois aidés, c’est-à-dire des faux emplois qui ne servent à rien, qui n’ont pas d’avenir, qui n’aident personne, mais qui permettent de maquiller la fameuse courbe dont on nous promet l’inversion avant Noël. Pour ce faire, elle augmente les impôts sus-cités, déprime tout le pays, comprime la croissance, bref tire une balle dans le pied de la France.

Quand la gauche prétend lutter contre l’insécurité, elle s’empresse, à peine installée place Vendôme, de supprimer la plupart des outils dissuasifs créés par la précédente majorité pour essayer de faire un tout petit peur aux délinquants et les punir, le cas échéant, de leur méfait. Et cette fois, quand la gauche affirme vouloir protéger la laïcité, elle s’attaque à la France millénaire, la dépèce, la nie, bref, en fait ce qu’elle ne sait que faire, la spolier.

L’Observatoire de la laïcité, cette nouvelle usine à gaz

Mme Dounia Bouzar, nommée à l’Observatoire de la laïcité la semaine dernière, a déclaré le 23 septembre dernier dansChallenges, sans que cela ne soulève de réaction particulière, qu’il fallait « remplacer deux fêtes chrétiennes par Yom Kippour et l’Aïd ».

Il faudrait d’abord se pencher sur la question de l’utilité et du coût de cet observatoire. Nous disposons déjà d’un ministre des Cultes, le ministre de l’Intérieur. Pourquoi cette nouvelle usine à gaz ? Que font exactement les employés de cette énième administration ? Quel est le montant de leur rémunération ? Voilà bien un exemple de ce qui, en période de crise – et même hors période de crise -, devrait être supprimé d’une signature en bas d’un décret, d’autant que la laïcité, précisément, consiste en la non-ingérence de l’État dans les affaires religieuses, et réciproquement. Donc cet observatoire est ontologiquement absurde, il est une contradiction en lui-même.

Cette aberrante proposition de remplacement constitue également une atteinte au principe de laïcité. L’État ne doit pas, tout simplement, se préoccuper des religions. Donc il n’a pas à toucher au calendrier pour satisfaire à telle ou telle revendication, de quelque bord qu’elle émane. Il n’y a là que le délire progressiste en marche, dont on ne peut pas ne pas voir qu’il est à certains égards porteur d’une forme de francophobie et de cathopobie. Qu’aurait-on dit si, dans un pays de culture musulmane, des catholiques avaient demandé la même chose ? N’a-t-on pas suffisamment bousculé les Français ? À l’heure où les communautés se crispent, se séparent, se jalousent, ce type de discours les conduira à se haïr.

Notre système est l’héritier de la religion catholique

La France, que ces gens-là le veuillent ou non, c’est un beau pays rural et ancien, avec un manteau d’églises dont les cloches rythment les journées en sonnant à heure fixe, et si l’on veut autre chose, on va autre part. Les pseudo-intellectuels comme Dounia Bouzar, et tout le système médiatique avec elle, n’en finissent plus de prêcher l’accueil de l’Autre, sur un ton de soupçon qui voudrait faire culpabiliser des citoyens qui ont autre chose à faire. Cette gauche-là se demande-t-elle seulement pourquoi l’Autre vient à nous ? Je crois que si la France rayonne encore un peu dans le monde, c’est précisément grâce à ce que les socialistes prétendent supprimer.

Le système français dans son ensemble, politique comme juridique, les valeurs qui guident notre action diplomatique et font survivre la solidarité dans un monde gouverné par la loi du plus fort, cette cohésion sociale ô combien menacée, ô combien disparaissant peu à peu par pans entiers du territoire et de la population, ce système est entièrement l’héritier de la religion catholique. C’est parce que la France est une terre chrétienne depuis deux millénaires que nous jouissons encore d’un petit reste de singularité. Si la gauche encore anticléricale et égalitaire savait d’où elle vient, elle n’ignorerait pas que Rousseau a pu penser comme il a pensé grâce à cet héritage – et les socialistes, justement, ont un problème freudien avec l’héritage. Du passé faisons table rase, disent-ils. Pourquoi ?



Le beau ciel de la Grèce

« Dormez tranquilles, braves gens », semble professer le gouvernement tandis que le réel se déchaîne et contredit tous les jours la bonhomie présidentielle. Dimanche soir, le chef de l’État, qui s’amuse à changer de décor à chaque interview (un coup l’hôtel de la Marine, un coup les plateaux de JT, un coup un studio spécial futuriste années 1980, cette fois un salon doré qui nous rappelle un passé lointain de hauteur et de faste), n’a pas hésité à affirmer que nous étions « tout près du but » quant à l’« inversion de la courbe du chômage ». On notera qu’il ne s’agit pas du tout de réduire le chômage, ni même d’aller vers le plein emploi, mais simplement d’inverser une courbe mensongère qui sous-évalue depuis des années la vérité du désastre.

Pour arriver à cette manipulation statistique, les socialistes comptent évidemment sur les faux emplois qu’ils sont en train de créer de façon totalement artificielle aux frais du contribuable, les fameux emplois aidés. Or, cela ne peut se faire sans une augmentation considérable des impôts, celle que des millions de familles subissent depuis un an.

Cette hausse, François Hollande et ses chauves la décident avec la vorace gourmandise de ceux qui aiment les taxes qui les nourrissent. Hélas pour eux que l’on dit politiquement si habiles, les Français ne se soucient désormais guère tant du chômage que de pouvoir garder un peu de ce qu’ils s’épuisent à gagner en travaillant. Espérons donc que ce scandaleux petit manège revienne comme un boomerang au visage du président de la République – ce sera l’occasion pour lui de changer de lunettes avant qu’une telle opération ne soit plus remboursée par le déficit de la Sécurité sociale que le monde entier nous envie.

La France a perdu 80 000 PME, 300 usines et 400 000 emplois

Ce qui se passe vraiment depuis que les socialistes tiennent les manettes de l’Etat et pendent les Français à une corde fiscale, c’est qu’en un an seulement la France a perdu 80 000 PME, 300 usines et 400 000 emplois. Malgré l’évidence de l’échec de la moindre de ses décisions, le chef de l’État, accompagné de son sympathique ministre du Redressement productif, clown du cirque hollandais, a essayé de faire croire qu’il allait relancer l’industrie française au moyen de 3,7 milliards d’euros d’investissements dans 34 projets. Mais comment relancer quoi que ce soit si l’on garde un tel niveau de prélèvements obligatoires ? Comment espérer une seconde faire émerger la moindre bonne idée si elle doit aussitôt se débattre dans la jungle de ronces réglementaires que ministres, députés et sénateurs passent leur temps à épaissir ?

Ronald Reagan, qui fut le président d’une Amérique prospère, avait coutume de définir ainsi l’économie administrée : « Tout ce qui bouge, on le taxe ; ce qui bouge encore, on le réglemente ; ce qui ne bouge plus, on le subventionne. » Tant que le gouvernement de ce qui est encore la cinquième économie du monde continuera à appliquer ce funeste triptyque, il n’y aura pas de bonne nouvelle. La réalité, même si elle est pénible, c’est que l’indemnisation du chômage en ses proportions actuelles coûte une fortune et n’incite pas à chercher un emploi, la différence entre les minima sociaux combinés et le salaire minimum étant en France parmi les plus faibles de l’OCDE. La réalité, c’est que le coût du travail est exagérément alourdi par le niveau des dépenses publiques. La réalité, c’est que la protection légale des travailleurs est bien souvent une barrière à l’embauche. Mais tout ça, les socialistes ne veulent pas l’admettre, parce que cela contredit leur idéologie.

Alors, si les Français retirent leur consentement à l’impôt, si une économie souterraine se développe, si les riches et/ou leur argent s’en vont, si la fraude devient une habitude, si la cohésion nationale se fend et finit par craquer, si les gens se font justice à eux-mêmes, bref si nous empruntons le chemin grec, il ne faudra pas s’étonner. Mais qui le souhaite ?



Nicolas Sarkozy, the one and only

« L’État est incompétent en matière d’art », disait Gustave Courbet. LaFrance est aujourd’hui comme un artiste dans la phase tétanique qui précède le processus de création. Elle rumine, jauge, estime, évalue les forces en présence, elle regarde par la fenêtre le monde s’agiter et tout ça est très bien si tant est qu’elle finisse par cracher quelque chose, son oeuvre, celle qui dira si la France peut encore marcher dans l’histoire.

S’il y a eu vingt-six ans de léthargie présidentielle avec François Mitterrand et Jacques Chirac, les Français ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes, et si c’est désormais un apparatchik inopérant qui les gouverne, c’est aussi de leur faute. Ce qu’il faut espérer, ce que j’espère, c’est que l’élection des nuls, la Manif pour tous, les hésitations géopolitiques, la place que l’on laisse à l’Allemagne dans le leadership européen et l’extraordinaire vacance réformatrice (alors que tout le monde sait, les rapports professant sensiblement la même chose depuis vingt ans, par où il faut passer pour remettre le pays dans la course) sont les manifestations d’une errance précréative.

La gauche, ses sociologues, ses politologues et ses idéologues

De ce point de vue, la gauche n’est d’aucune utilité. Elle est nuisible. Ses énarques prétentieux, persuadés de parler du haut d’un magistère intellectuel et moral, ont quarante ans de retard. Leur vision du monde est idéologisée et stupide, frustrée, inexpérimentée. Ils ne comprennent rien aux grands changements qui nous dévorent, ne savent pas ce qu’est une entreprise, une innovation, un marché, un brevet, une peinture, ils ne pensent qu’à redistribuer, c’est-à-dire, dans leurs actes, à spolier, et ne se soucient jamais, parce que ça leur échappe, de développer, de construire. Les socialistes, ce sont des gens qui arrivent une fois que le travail est fait, et qui soit le détruisent, soit en réquisitionnent 50 %, et qui eux-mêmes ne travaillent jamais. Il suffit d’apercevoir les débats internes à la gauche : leurs penseurs – où il y a plus de sociologues que d’écrivains, plus de politologues que de philosophes, et toutes sortes de militants mal dans leur peau qui croient penser parce qu’ils répètent ce qui est écrit dans Le Monde diplomatique - produisent indéfiniment des dogmes dans le dogme qui se transforment en un amas de boue législative et réglementaire dont l’objectif final est d’exproprier les Français qui essaient de travailler pour nourrir une population maintenue au calme par des subventions.

Le piège à éviter, c’est celui tendu par François Hollande qui essaie de faire croire qu’il n’est pas un si mauvais président et que ce qui advient depuis le 6 mai 2012 n’est pas une catastrophe. Comme le pointe avec justesse Nicolas Beytout, « entre ballons d’essai, fausses rumeurs, couacs et volte-face, tout semble faux, truqué, biaisé. Pas franc » (L’Opinion du 13 septembre). François Hollande est un illusionniste qui n’a pas le courage de faire les choix qui s’imposent et laisse s’embourber une machine administrative défectueuse qu’il serait pourtant facile de réparer.

Supprimer les 35 heures et les 35 tonnes de règlements !

Pour quitter ces sables mouvants, étant entendu que le centre n’existe pas, il faudra que la droite s’y colle. Elle n’a pourtant aucun crédit aux yeux de l’opinion, ce qui est bien compréhensible : comme le souligne Pascal Salin dans Le Monde du 13 septembre, « après des décennies de socialisme de gauche et de droite, il était devenu évident que la France était à la traîne et que son modèle social était à bout de souffle. Nicolas Sarkozy, lorsqu’il a été élu, était donc porteur de très grands espoirs et il avait une chance extraordinaire d’entrer dans l’histoire ». Or la rupture n’a pas eu lieu : les 35 heures n’ont pas été supprimées, pas plus que les 35 tonnes de règlements en tout genre qui broient les initiatives individuelles. On peut invoquer la crise, bien sûr, mais on peut aussi constater que, malgré sa fougue que j’ai mille fois louée, Nicolas Sarkozy s’est laissé enfermer dans l’hégémonie intellectuelle que la gauche a réussi à installer, notamment ce mythe qui « consiste à présenter la France comme une société malade d’une grave fracture sociale, avec pour seul remède un effort massif de dépenses publiques et de redistribution » (Bernard de Montferrand, La France malade volontaire). À cette thèse compassionnelle il est certes presque impossible de répondre, car qui oserait le faire serait immédiatement taxé soit d’ultralibéralisme (ce qui n’est pourtant pas un crime), soit d’insensibilité aux souffrances du peuple, alors que tout démontre que plus de dépense publique ne fait pas plus de croissance ni moins de chômage (la France étant tout de même leader à la fois en matière de dépense publique et de chômage).

Arrêter de laisser la CGT gouverner à la place du gouvernement

Il faudra donc en 2017 quelqu’un qui ait suffisamment de coffre, de talent oratoire, de capacité de séduction et de conscience du changement induit par la mondialisation pour battre François Hollande et sauver le pays. Il faudra que quelqu’un soit capable de dissiper le rideau de fumée que la gauche et la presse (c’est pareil) ont dressé entre les Français et le réel. Il faudra quelqu’un qui sache dire leur fait aux minorités privilégiées, quelles qu’elles soient, dont les « avantages acquis » aux frais des autres empêchent la collectivité dans son ensemble de réussir. Il faudra quelqu’un qui soit très profondément en rupture avec cette idée selon laquelle l’État sous toutes ses formes doit être présent partout. Dans le monde de demain, un État moderne est un État qui se limite strictement à faire ce qu’il est seul capable de faire, ce qui peut certes couvrir de nombreux domaines, mais pas autant que le pensent les parlementaires de gauche. Il faudra arrêter avec les concertations faussement inspirées du modèle allemand et qui reviennent à laisser la CGT gouverner à la place du gouvernement : une couleur en commission termine toujours par un beige. La faiblesse attise la haine, écrit Nietzsche : à l’Élysée, apparemment, on sait qui est l’adversaire à abattre, puisqu’on tente par tous les moyens de le mettre hors d’état d’agir. Il s’agit de Nicolas Sarkozy.



Pourquoi Jean-François Copé a raison de parler de liberté

M. Copé est tellement carbonisé que son très bon discours de rentrée, à Châteaurenard, est presque passé inaperçu. Il avait un nouveau thème de bataille : la liberté. Le mot a été prononcé près de 50 fois. Comme le soulignait l’excellent Édouard Carmignac dans Le Figaro, « la gauche au pouvoir, ce n’est pas un gouvernement social-démocrate : c’est un régime socialiste pur et dur comme il y en a encore très peu dans le monde », c’est-à-dire un régime dont l’action publique passe par la réduction des libertés. Pas une semaine ne passe sans que le Comité central ne décide d’une nouvelle taxe, la dernière en date visant directement les familles dont les enfants font autre chose que de commettre des infractions pénales, lesquelles ne seront de toute façon, grâce à Mme Taubira, pratiquement plus réprimées (mais ça, c’est un autre sujet, la peine de probation n’est pas une mauvaise chose en soi).

La France en queue de tous les classements !

Les Français font l’objet d’une oppression d’État à travers une pression fiscale et réglementaire sans précédent. Les conséquences, pour des millions de Français, sont révoltantes, on ne compte plus les familles plongées dans la difficulté par le délire spoliateur de l’administration. Les effets globaux s’ensuivent, puisque, ainsi que l’ignorent les socialistes, ce sont les réussites individuelles qui font la richesse collective, et inversement : dans le dernier classement de Davos portant sur la compétitivité, la France a perdu deux crans en un an, passant de la vingt-et-unième à la vingt-troisième place. Elle est 130e du monde quant au poids des règlementations, 134e quant à celui des prélèvements obligatoires, et 137e s’agissant de l’incitation fiscale à l’investissement. Tel n’est pas le cas de notre voisin anglais, qui grâce à une politique libérale a vu tous ses indicateurs repasser au vert, alors même que la crise a été beaucoup plus violente outre-Manche que chez nous.

La créativité fiscale des socialistes est ce qui se fait de pire en art, et les artistes, les esprits créatifs qui ont besoin de latitude, s’en vont, ne laissant en France que ceux qui n’ont pas vraiment les moyens, financiers ou de circonstances, de partir. M. Copé et ses conseillers n’ont pas tort de penser que l’un des grands enjeux politiques de demain, en France, sera celui de la liberté que notre État soviétisé voudra bien laisser aux citoyens. Après cinq ou dix ans de gauche, il faudra une perestroïka.



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