Débat avec Michèle Cotta 26/09/14 : Sarkozy, 1er meeting de retour



Si j’étais lui

En 2007, j’avais dix-sept ans et j’étais un sarkozyste fanatique comme on peut l’être à cet âge fiévreux ; j’ai assisté au meeting spécial jeunes que le candidat avait donné au Zénith de Paris avant un concert de Martin Solveig ; j’ai placardé, aux murs de l’entreprise où je travaillais au lieu de préparer le bac, des appels à voter pour mon candidat ; je n’ai pas pu voter moi-même, car il me manquait quelques mois pour atteindre la majorité, mais le coeur y était et j’ai fait preuve ensuite d’un soutien sans faille.

En 2012, j’avais vingt-deux ans et, chaussé de mes mocassins à glands, fausse Rolex au poignet, je suis allé voter Sarkozy, et j’étais même présent à la Mutualité, pour donner du courage à mon candidat et parce que je voulais manifester, une dernière fois, un soutien sans faille.

Je n’ai jamais cru à une deuxième victoire, tant les postures morales de la gauche semblaient invincibles et tant François Hollande était le mauvais adversaire, une anguille qui ne peut que glisser des mains d’un boxeur. Pour son retour dans l’arène, Nicolas Sarkozy a cogné comme avant, mais aussi comme si rien ne s’était passé depuis.

Ne rien céder au politiquement correct

J’aime chez lui ce côté Raoul Volfoni, je-vais-tous-les-éparpiller-façon-puzzle, le costard sur mesure, l’index pointé et la voix qui tonne à mesure que l’audimat explose. J’aime cette volonté qu’il a de ne rien céder au politiquement correct, de bousculer, de parler sans précautions. Mais j’aime aussi quand il propose de faire tomber un temple ou brûler une idole, quand il se renouvelle, met quatre ou cinq idées radicales sur la table pour réveiller ce pays qui meurt lentement sous le poids de la léthargie généralisée, du socialisme administratif et de l’entraide des nantis de toute sorte. Loin de cela, lors de l’interview de dimanche, nous avons eu un come-back de vieille gloire, content d’être là à chanter ses vieux tubes qui n’excitent plus que des vieux fans nostalgiques.

Si j’étais Nicolas Sarkozy, j’abandonnerais cette rhétorique du « devoir » : personne ne croit qu’il est le seul à pouvoir diriger notre pays, il le reconnaît lui-même, et les gens savent bien que, pour une bonne gestion sans audace, mais sans catastrophe, ses concurrents font l’affaire. J’assumerais d’être le candidat de la modernité, celui qui ne craint pas la mondialisation, l’incroyable et frénétique mutation de la planète. Je laisserais les autres proposer des mesures de protection des acquis en tout genre et, moi, je proposerais que la France attaque. Que les Français redeviennent des conquérants plutôt que des petites choses demandant le soutien d’une puissance publique quasi morte. J’assumerais de m’en foutre du mariage pour tous, de me concentrer sur la prospérité de la France et la réussite des Français, de leur rang dans le monde et de leur place dans l’histoire.

Je briserais un par un les tabous français

Si j’étais Nicolas Sarkozy, je retournerais voir ces Français. J’irais, seul avec mon chauffeur, voir les petits libraires, les petites boulangères, les petits couvreurs et les petits maires – et je ne dis pas « petit » au sens péjoratif : je dis les petits, les humbles, les honnêtes, les sans-dents. J’irais voir les jeunes, dans les facs et dans les usines, ces jeunes qui se battent sans doute davantage encore que ne l’ont fait leurs aînés pour réussir leurs études, leurs entretiens d’embauche et leur vie, ces jeunes qui veulent croire à un avenir en France et à un avenir de la France. J’irais dans le métro, le RER, les villages de 400 âmes, ou à la Grande-Motte, et je parlerais aux gens, j’irais me plugger au pays pour comprendre ce qu’il vit et, puisque les autres sont si lâches ou profitent tellement du système, je briserais un par un les tabous français, j’enfoncerais une par une les hypocrisies qui ont paralysé le pays, je prendrais acte de la mainmise des oligarchies petites et grandes sur tous les organes du corps français, et je proposerais le changement : nouvelles politiques pour les entreprises, le fonctionnement de la démocratie, la culture, l’éducation, les banlieues, l’État, le littoral, les paysages et les abords des villes, bref je proposerais, en le précisant, le vrai changement qui se fait attendre depuis trop longtemps et sans lequel nous crevons.



Les liaisons dangereuses

Débat avec Benjamin Sportouch de L’Express, sur iTélé. Animé par Laurence Ferrari (10.09.2014)

 

http://www.itele.fr/chroniques/invite-politique-ferrari-tirs-croises/francois-hollande-peut-il-stopper-lhemorragie-92977



Valtrier

C’est avec une surprise certaine que j’observe l’accueil réservé au livre de Valérie Trierweiler. Fallait-il qu’elle soit profondément haïe dans tout le pays pour qu’à son cri du coeur on ne réponde que par de méprisantes moqueries, au point que certains libraires, s’érigeant en arbitres des lettres, affichent leur volonté de censurer l’ouvrage litigieux ? Toutes les lénifiantes mièvreries politiquement correctes ont droit de cité, avec force promotions et conseils d’achat, sur leurs étalages, mais ce texte sincère, fort et courageux, lui, est rejeté au prétexte qu’il laverait le linge sale de son auteur en public !

Si les gens qui font un tel grief à ce livre avaient un début de culture, ils n’ignoreraient pas que de purs chefs-d’oeuvre ont été écrits dans le seul but d’une vengeance, ou pour porter à la connaissance du public une humiliation ressentie par l’auteur, ou pour dénoncer les agissements d’un proche, etc. Je ne citerai pas d’exemple, car on répondrait aussitôt que je compare ce qui n’est pas comparable, mais il s’agit tout simplement d’une franche partie de la littérature mondiale.

Devait-elle se laisser humilier ?

Merci pour ce moment est un livre courageux et beau. Il ne dévoile pas de secrets d’État ni même de secrets vraiment intimes, ne comporte pas d’insultes, n’a pas d’autres prétentions que de rendre publique la « version des faits » de son auteur. Certes, Mme Trierweiler n’a pas brillé jusqu’ici par son calme, son sens de la mesure, ou sa capacité à maîtriser ses émotions. Mais rappelons qu’elle a été traitée à peu près comme une folle, que les gens qu’elle croyait proches d’elle n’ont cessé de lui mentir, voire d’agir contre elle dans son dos, et qu’elle a été brutalement jetée de l’Élysée par une répudiation publique.

Que devait-elle faire ? Se laisser humilier, s’écraser, considérant qu’elle ne pouvait s’attaquer à plus fort qu’elle ? Accepter la violence dont elle était victime, au motif que c’est la politique qui veut cela, dont pour ainsi dire elle aurait accepté les règles ? Ou bien a-t-elle au contraire le droit de répondre, le droit de se battre, le droit de se venger, le droit de démentir les tombereaux de diffamations dont on l’a accablée ?

J’estime, personnellement, que quiconque a connu l’effroyable chagrin de l’amour déçu a le droit de le sublimer et de répliquer sans se voir opposer une vague de cruauté haineuse de la part des ministres, des responsables politiques de tout borddes journalistes, des commentateurs, des libraires et des internautes. Valérie Trierweiler était une femme à terre. C’est non sans panache qu’elle s’est relevée.



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