L’Europe nous protège de nos hommes politiques



Que reste-t-il de l’UMP ?



La France dans le monde

Ce n’est pas Alain Juppé qui est branché, ce sont les Inrocks et GQqui sont ringards. La France est déjà devenue le Montmartre du monde. Nous sommes un pays vieillissant qui plaît aux touristes en mal de clichés. Nous n’avons plus à offrir qu’Amélie Poulain, du champagne et le château de Versailles. Autrefois, tout cela n’était qu’une conséquence : les hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles qu’on transforme en musées, par exemple, n’étaient là que parce qu’il y avait de riches aristocrates pour se les faire construire. Quand Haussmann, au XIXe, a revu Paris du sol au plafond, ça n’était pas pour offrir le décor en carton-pâte qui plaît tant aux Américains, aux Saoudiens et aux Chinois : c’était pour loger les bourgeois à qui une économie florissante avait donné la fortune. Il faut accepter de regarder la réalité telle qu’elle est si l’on veut la changer : la France est ringarde. Alain Juppé est-il vraiment le meilleur candidat pour nous redonner l’allant qui nous manque ?

Dans les jours qui viennent se jouera l’élection à la présidence du premier parti d’opposition, qui est le premier parti tout court en termes de nombre d’adhérents. Tout ce que M. Juppé a trouvé à dire sur le sujet, c’est qu’il fallait que l’UMP continue d’englober à la fois la droite et le centre. Ça n’est pas un enjeu pour une grande force politique contemporaine ! Le centre en France, c’est d’une part un François Bayrou à qui Dieu a prédit un jour un destin de chef d’État et d’autre part une bande d’apparatchiks qui déclenchent des tempêtes dans leur verre d’eau sans s’apercevoir que leurs escarmouches dérisoires sont accueillies par une indifférence générale. La question est-elle vraiment, pour l’avenir du premier parti de France, de s’allier ou non avec ces gens-là ?

Un programme vraiment nouveau et vraiment sincère

La responsabilité des acteurs publics aujourd’hui, qu’il s’agisse d’Alain Juppé, de Nicolas Sarkozy ou de Bruno Le Maire, c’est d’inventer la ligne politique sur laquelle la France pourra remonter cette pente de déclin sur laquelle elle semble devoir glisser inexorablement jusqu’à fondre dans les brumes de l’histoire. La responsabilité des partis, c’est de fédérer une majorité de Français autour d’un programme vraiment nouveau et vraiment sincère qui permettra de refaire de notre pays un espace où l’on pense, où l’on invente et où l’on travaille. Il fut un temps pas si lointain où les esprits les plus affûtés, les innovations techniques et les productions les plus intéressantes étaient en France et en Europe : apporter une réponse à la question de savoir comment retrouver cela, c’est la seule responsabilité des acteurs publics aujourd’hui pour que nous nous maintenions dans l’histoire au lieu d’y disparaître.



Nicolas Sarkozy a perdu le sens commun

Nicolas Sarkozy a clairement fait une erreur quand il a cédé aux cris scandés par la foule de Sens commun en déclarant que ça ne coûtait pas cher d’appeler « abrogation » la « réécriture » de la loi Taubira sur le mariage pour tous, car il a, ce faisant, eu des mots blessants pour les personnes concernées par ce texte et avoué s’inscrire dans une démarche clientéliste. La politique ne peut pas seulement consister à dire à des électeurs ce qu’ils ont envie d’entendre. Je préférais quand ce même Nicolas Sarkozy affichait, disait-on, son indifférence au mariage pour tous, estimant qu’il s’agissait d’un non-sujet, et qualifiait, rapporte-t-on, les gens de la Manif pour tous de « fascistes en loden ». On ne peut pas à la fois reprocher à François Hollande de mentir du matin au soir, ce qui est exact, et prendre soi-même des positions qui ne correspondraient pas à ce qui serait notre conviction réelle. C’est le rôle de l’avocat, ça n’est pas celui de l’homme d’État.

La loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe est une des seules lois que l’on peut mettre au crédit de la majorité socialiste au pouvoir depuis 2012. Elle est sans doute imparfaite, doit probablement être assortie de garde-fous, notamment en ce qui concerne la gestation pour autrui (GPA) dont l’interdiction totale doit être gravée dans le marbre du droit français, y compris s’agissant de la reconnaissance en France de la filiation d’un enfant né par GPA à l’étranger, parce que la GPA présente trop de risques de consister en une exploitation du corps des femmes. Pour le reste, je ne vois pasquel cas de conscience fait obstacle à ce que des couples homosexuels adoptent des enfants ni à ce que des couples de lesbiennes fassent des enfants à travers une procréation médicalement assistée (PMA) ; il faudra simplement accepter que les couples de lesbiennes sont dans une situation objectivement différente de celle des couples de gays, et admettre ainsi que ces derniers ne puissent avoir d’enfants ensemble. Dire ces choses simples ne requiert pas de réécriture et surtout pas d’abrogation de la loi en question.

Le rejet des homosexuels pour ce qu’ils sont est une sottise

Pas besoin non plus de faire un dessin pour comprendre que l’homosexualité est une chose qui est souvent mal vécue par les premiers concernés, dans un premier temps au moins. Le rejet des homosexuels pour ce qu’ils sont est une sottise qui blesse. Qu’ils l’avouent ou non, les gens qui combattent le mariage gay avec autant de véhémence que les militants des mouvements sus-cités ont un problème non avec lui, mais avec les gays tout court. Leurs arguments alambiqués sur le vivre-ensemble, la famille ou je ne sais quelles valeurs ne sont que le paravent de cette obsession, et il n’est pas du niveau d’un homme d’État de céder, pour des considérations électorales, aux revendications haineuses de quelques arriérés.



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