Les Invalides

Peut-être à raison, le président Hollande estime qu’il n’y a rien de plus urgent que de souder la communauté nationale, de faire corps contre la peur, contre le terrorisme, contre l’ennemi. La vieille nation, qu’on croyait dépassée (et qui est dépassée, la preuve), est dépoussiérée pour l’occasion. Après la Marseillaise à satiété, et Notre-Dame, et Versailles, nous avons ce vendredi les Invalides et les drapeaux aux fenêtres ! De la part d’une gauche qui assimilait le patriotisme au lepénisme, cette fièvre a quelque chose de surprenant.

À la faillite de l’État a répondu un besoin d’ordre. À la faillite de la première mission de l’État, qui est de garantir la sécurité de sa population, a répondu un besoin de réaffirmation de son autorité. Les Français ressentent très douloureusement que des parcelles du territoire national échappent au contrôle de la puissance publique. C’est en ce sens que nous formons un corps. Les mesures exceptionnelles de ces derniers jours, soutenues à une majorité proche de l’unanimité selon les derniers sondages, ont permis à la police, parfois épaulée par l’armée, de reprendre temporairement possession des territoires perdus. Que n’avait-on crié au loup, pourtant, quand, lors des émeutes de 2005, Philippe de Villiers avait demandé des militaires pour les banlieues !

Qu’importe le chômage qui, en cinq ans de promesses, n’aura jamais baissé !

Sans vergogne, François Hollande fait de la récupération politique, dans les grandes largeurs. Non sans maestria, non sans mitterrandie. L’air de ne pas y toucher. La tête levée vers le haut, l’air grave, l’allure présidentielle. Avec 17 points de plus d’ « opinions favorables », voilà un homme qui sauve un quinquennat sur lequel ont soufflé des vents d’une folle violence. Le « pacte de stabilité » a été enterré, officiellement au profit du « pacte de sécurité », prétexte inespéré pour justifier le dérapage des comptes publics que 100 renoncements et demi-décisions ont rendu inévitable. Qu’importe le chômage qui, en cinq ans de promesses, n’aura jamais baissé. Qu’importe l’ascension de l’extrême droite. Qu’importe la litanie de grèves qui paralysent un pays où, au fond, on n’a pas réformé depuis les années 1970. Qu’importe l’incurie du personnel politique : c’est la guerre.

Michel Houellebecq a eu bien raison, pourtant, d’écrire sabre au clair une tribune dans la presse contre MM. Hollande et Valls. Et d’autres écrivains, intellectuels ou artistes feraient bien de délaisser un instant leur lâcheté et d’imiter cette sortie. Les journalistes français, en symbiose avec la gauche au pouvoir, sont devenus ses retransmetteurs officiels. Où peut-on lire, depuis deux semaines, le début d’une critique du gouvernement ? Qui ne voit pas que même l’horreur de Charlie Hebdon’a pas suffi à ouvrir les yeux d’un courant politique que l’idéologie a frappé de cécité ? Que, depuis janvier, on n’a pas fait ce qu’on aurait dû faire et qu’on fait aujourd’hui, encore qu’insuffisamment, pour se rattraper ? Qui s’inquiète publiquement de ce que le chef des armées, François Hollande, n’a pas su nommer l’ennemi dans le discours qu’il a prononcé devant le congrès ?

Un mandat raté, mou et mensonger

Les drapeaux, les grandes phrases, les solennités, toute cette vaine camelote reviendra au visage de ceux qui essaient de la vendre. On ne sera pas dupe longtemps de la pompe républicaine, de ces discours sans fin où les mêmes phrases sont débitées sur le même ton, par les mêmes gens et avec la même inutilité. Dans les livres d’histoire apparaîtra un mandat raté, mou et mensonger, où l’indécision et l’aveuglement auront anesthésié un pays qui avait besoin d’autre chose.



NNFP 52 – Comment faire campagne ?



La France, « redressée de siècle en siècle »

Ceux qui voulaient supprimer le défilé militaire du 14 Juillet doivent avoir des vapeurs. Les attentats terroristes de la semaine dernière ont réveillé un peuple massivement amoureux de son pays. Les profils Facebook de nombreux Français (mais aussi d’étrangers) sont repeints en bleu-blanc-rouge. On voit des drapeaux aux fenêtres. On entend la Marseillaise partout. Qui oserait encore proposer d’en changer les paroles ?

Souvent, j’ai entendu des gens, déplorant la morosité de l’économie française, dire en forme de boutade : « Il nous faudrait une bonne guerre. » On ne peut jamais souhaiter la guerre. Mais avec 130 morts et 350  blessés, très gravement pour certains, à la kalachnikov en plein Paris, nous y sommes – sans compter, bien sûr, le déploiement de notre aviation en Syrie, et sauf à considérer, comme Régis Debray (Répliques, 21 novembre 2015, France Culture), qu’il n’y a pas de « guerre » à proprement parler, mais terrorisme et opérations de police, ce qui évitera d’entrer dans la logique conduisant à envoyer des troupes au sol contre Daesh, qui n’attend que ça.

Il faut faire quelque chose de cet élan

Tout de même, l’horreur a rendu aux Français leur goût de la bataille. Le général de Gaulle ne parlait-il pas, fermant ses Mémoires de guerre, de cette « vieille France accablée d’histoire, meurtrie de guerres et de révolutions, allant et venant sans relâche de la grandeur au déclin, mais redressée de siècle en siècle par le génie du renouveau » ?

Depuis le 13 novembre, les armées enregistrent 1 500 demandes d’engagement par jour, un chiffre sans précédent. Une envie de se battre pour la France, qu’on croyait disparue, dissipée dans la léthargie, le nihilisme, le « mondialisme », renaît. Il faut faire quelque chose de cet élan !

Le gouvernement a aujourd’hui les mains libres pour redresser le pays. Pas seulement pour combattre le terrorisme : pour réformer, pour avancer. Les Français ont pris conscience de la chance qu’ils ont d’appartenir à cette nation. Ils ont ouvert les yeux sur son incroyable rayonnement de par le monde, sur sa signification pour les étrangers. France, pays d’arts et de beauté, de douceur et de grandeur, de liberté et de solidarité. Le moment est venu d’engager dix grands chantiers et d’y aller à fond, sans les hypocrisies habituelles, car le politiquement correct est moribond. Ne nous limitons pas, comme cela a été le cas après Charlie Hebdo, à essayer de maintenir une concorde nationale artificielle sans rien en faire, et ne nous assignons pas comme but ultime à notre civilisation les terrasses de café ! Il est temps de se remettre à lire, à écrire et à peindre, à imaginer, à changer, à construire !

Mystique

Les djihadistes ont une mystique. Une mystique horrible, une mystique stupide mais une mystique, un immatériel auquel s’agripper dans le grand bain du consumérisme contemporain. Nous avions, et nous pouvons retrouver, une mystique nationale, ou européenne. Par le combat en effet, par le sentiment d’avoir quelque chose à défendre et quelque chose à faire dans ce monde. Vendredi soir, à Saint-Sulpice, quatre cents choristes et musiciens ont interprété, sous la direction d’Hugues Reiner, le Requiem de Mozart dans une église pleine. À l’étonnement général, il n’y avait pas vraiment de sécurité, pas de policiers, pas de fouilles à l’entrée. Les gens sont restés quand même, se sont farci d’interminables discours parfaitement inutiles et ont pu, enfin, entendre une musique qui montait vers le ciel. La France et l’Europe comme puissances, comme forces, comme souvenirs et comme desseins, ont semblé un instant remonter dans le chariot de l’histoire.



NNFP 51 – L’heure de la riposte



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